Un regard neuf sur une nouvelle ville, un nouveau boulot et un nouveau mode de vie (ou presque). Un peu d'humour souvent, de nostalgie parfois, et plein d'histoires à raconter sur notre nouvelle ville, nous, les moustiques enrhumés... et j'en passe.
A Nancy, enfin juste à côté, il y a une super piscine. Outre le grand bassin réservé aux nageurs et que nous fréquentons assez peu je dois dire il y a deux autres bassins : une pataugeoire avec divers jets d'eau, et un "moyen bain" avec un coin à bulles, un plan incliné pour entrer dans l'eau et surtout, un toboggan aquatique.
Histoire de compliquer un peu les choses nous avons pris l'habitude d'y aller à plus d'enfants (de 4 ans ou moins) que d'adultes, ce qui nous permet d'observer différents comportements.
Il y a les précautionneux : ceux là sont agrippés à tout adulte un tant soit peu fiable dès que la hauteur d'eau dépasse leur ventre. Et comme dit plus haut sur le nombre d'enfants, il arrive souvent que l'on ait deux sangsues collées sur soi. C'est quand un troisième enfant crie ma-maaaaaan en nageottant jusque vous que vous vous rendez compte qu'il va falloir libérer quelques centimètres carrés agrippables histoire de calmer une jalouse qui ne supporte pas que quelqu'un d'autre soit dans les bras de SA maman. Les précautionneux préfèrent en général surveiller les nageurs que nager eux-mêmes. J'ai par exemple été sauvée de la noyade par une petite sirène experte dans le "dénoyage" dans 40cm d'eau. Quand à son frère le triton, il a plus d'ambition et a passé un temps considérable à surveiller le grand bassin ... mais depuis la pataugeoire (*).
Il y a les précautionneux qui se soignent et qui, avec bouchons et planche se décident à aller "nager" dans le grand bain. Mais là c'est difficile : en gros ils veulent bien nager ... mais si on les traîne. De plus il semble que leur capacité de natation soit totalement annihilée par la vue des pieds de leur maman qui les sort de l'eau devant leur nez (**)
Et puis il y a les poissons. Ceux là sont moins couinards mais bien plus dangereux que les premiers. Ils n'ont peur de rien et, si en plus ils sont assez petits, n'ont qu'une notion assez floue de leurs limites. Prenons exemple sur une poissonne que je connais très bien. Elle le problème n'est pas de la faire entrer dans l'eau, mais plutôt de lui expliquer qu'il serait bon de reprendre sa respiration entre deux fois où elle boit la tasse. Le jeu de cette poissonne est en effet de faire des "poufs" (ploufs), à savoir de se jeter dans l'eau (avec brassards et ceinture), de ressortir la tête de l'eau, recracher ce qu'elle a avalé et dire "encore !". Histoire de laisser quelques secondes de plus entre deux sauts je me suis reculée, et elle a nagé jusqu'à moi. Bon ce n'est pas encore un crawl académique (***) mais elle flotte et réussit à avancer. C'est déjà bien.
Le hic est que si elle est sortie de l'eau (même pour une bonne raison) et qu'elle a envie d'y retourner (là elle trouve toujours une excellente raison) ... elle y va. Il y a donc intérêt à se jeter à l'eau à ses côtés et rapidement pour le cas où elle aurait cette fois avalé un peu plus d'eau que d'habitude.
Il y a aussi une catégorie d'intersection non vide avec chacune des deux précédentes, qui est celle des caméléons d'eau. Ceux là restent dans l'eau jusqu'à changer de couleur et trembler comme des feuilles. Mais pas de froid. Non ! Nous ne sommes pas des parents indignes et nous leur avons demandé et la réponse était catégorique. Une mutation génétique peut-être ? Je ne sais pas si c'est dû aux cuisses potelées, mais nos filles ne sont pas du genre Caméléon. il faut donc invoquer une autre raison pour les faire sortir de l'eau. Et là c'est moins évident.
Le toboggan pour sa part séduit les deux échantillons familiaux (poisson et précautionneux) à qui il faut invoquer l'argument de "tu sais, on va retrouver Rhalala/Benoît" qui est tout-e seul-e avec deux enfants". Et étonnamment même notre précautionneuse Bulle, elle qui fait des cris de cochon qu'on égorge lorsque dans le bain une goutte d'eau lui arrive dans l'oeil, notre Bulle donc veut y retourner même quand on se rate à l'amerrissage et qu'elle met un peu la tête sous l'eau. Comme quoi la fin justifie les moyens (****).
(*) faut pas exagérer non plus, on est précautionneux où on ne l'est pas.
(**) Testé pour vous. Phénomène scientifique intriguant à étudier.
(***) ni quoi que ce soit de reconnaissable d'ailleurs
(****) mais malheureusement elle n'est pas réceptive à l'argument de "tu n'as rien dit dans le toboggan donc merci de ne pas ameuter les voisins parce que j'ai malencontreusement mouillé un de tes yeux"